5 raisons valides pour lesquelles les fans détestent Starfleet Academy

Les débuts de Star Trek: Starfleet Academy sur Paramount+ sont loin d’être brillants. Bien que de nombreux critiques s’accordent à dire qu’il s’agit d’un pas rafraîchissant pour une franchise qui a peiné à trouver une voix cohérente ces dernières années, l’avis des fans en ligne et la chute des audiences racontent une histoire bien différente.
Il serait tentant de rejeter les commentaires négatifs comme du « review-bombing » anti-woke, mais la série n’a pas réussi à atteindre des audiences dignes de la vitesse warp. Si les trolls sont souvent durs dans leurs jugements, certains sont de vrais fans avec des critiques tout à fait fondées. Aussi improbable que cela puisse paraître, certaines de ces voix pourraient même aider Starfleet Academy à accéder au rang des séries Star Trek mémorables.
Star Trek: Starfleet Academy a un look et un son bon marché

Les environnements numériques et les créatures de Starfleet Academy semblent tout droit sortis d’un jeu CD-ROM des années 2000. Une scène impliquant des baleines à bosse est encore moins convaincante que l’effet similaire dans Star Trek IV: The Voyage Home (1986). À l’inverse, certains maquillages, costumes et effets physiques sont impressionnants, ce qui rend la série visuellement incohérente en termes de qualité.
Cela s’étend même au générique d’ouverture, où une graine se transforme en plante, qui… devient un bâtiment, puis une plante, puis un bâtiment qui part dans l’espace. Le tout est accompagné du thème musical Star Trek le moins inspirant et le plus oubliable depuis des décennies. Le thème original de Trek peut être entendu dans la série elle-même, sous la forme d’une mélodie électronique provenant d’une poubelle robotisée.
La Chanceliere Ake est plus Starbucks que Starfleet

Située 100 ans après un événement cataclysmique appelé « The Burn » (Le Grand Embrasement), qui a effectivement mis fin à la Fédération des Planètes Unies, Starfleet Academy débute à l’aube d’une nouvelle ère. L’ancienne capitaine Nahla Ake (Holly Hunter) est ramenée au service et nommée chancelière de la toute nouvelle Académie Starfleet à San Francisco.
Contrairement aux dirigeants classiques de Star Trek, Ake a abandonné le stoïcisme militaire pour devenir une évangéliste libre d’esprit prêchant l’empathie. Elle marche partout pieds nus, parle autant avec ses mains qu’avec sa bouche ultra-rapide, et adore trouver toutes les façons possibles de s’asseoir dans un fauteuil de capitaine, sauf « dos droit, regard vers l’avant ». En fait, elle se love littéralement avec un livre sur le pont. Pendant ce temps, Jean-Luc Picard ne sirotait même pas son thé en dehors de ses quartiers privés.
Starfleet est plus décontractée qu’efficace

Le style personnel décontracté de la chancelière Ake se reflète non seulement dans ses aphorismes déroutants (« Les enfants sont les ambassadeurs du présent »), mais aussi dans sa façon de diriger l’Académie Starfleet comme si c’était Stars Hollow dans Gilmore Girls. Des cadets surexcités sèment le désordre dans l’académie, se battant et jurant devant leurs supérieurs. Dans l’épisode 3, Ake participe à une guerre de farces contre des étudiants « rivaux » avec l’enthousiasme espiègle de Mademoiselle Frizzle traçant une nouvelle route pour le Magic School Bus.
Ce type de direction est censé aider les étudiants de l’ère « post-Burn » à explorer l’espace lointain. Mais prenons l’épisode « Q Who ? » de The Next Generation : un Enterprise trop confiant est projeté à l’autre bout de l’univers, où l’équipage échappe de justesse à la désintégration par les Borg. On se demande comment le cadet de Starfleet qui a avalé son insigne communicateur dès le premier jour s’en sortirait dans une telle situation — et qui a bien pu l’admettre dans cette école.
Star Trek échange l’espace profond contre une politique superficielle et des blagues plates

En tant que franchise, Star Trek n’a plus été la même depuis le reboot cinématographique de J.J. Abrams en 2009, co-écrit par le showrunner de Starfleet Academy, Alex Kurtzman. Ce film n’a pas seulement divisé la chronologie originale de Trek, il a aussi changé l’esprit de l’univers. Le ton était bien plus comique que dans la série originale de Gene Roddenberry et ses successeurs. Il était aussi plus cynique, le second film, Into Darkness, réduisant la Fédération, autrefois noble, à un monstre générique de corruption intergalactique.
Cette corruption imprègne chaque aspect des différentes séries de Paramount+, conduisant à une vision franchement antagoniste de l’autorité dans Starfleet Academy — même de la part de ceux qui dirigent l’école. Entre la remontrance d’Ake à un diplomate Betazoïde (Anthony Natale) qui ne partageait pas sa préférence pour les sentiments plutôt que la force face aux ennemis, et le rythme militaire clownesque qui accompagne chaque intervention de la maîtresse de discipline Lura Thok (Gina Yashere), il est clair que le « New Trek » considère l’ancien Trek comme rigide, naïf et stupide.
Starfleet Academy est regardable… mais à peine

Certains estiment que la version de Star Trek par Alex Kurtzman est conçue pour un public plus jeune plutôt que pour les fans originaux qui ont rendu la franchise populaire. Si c’est vrai, des séries comme Starfleet Academy suggèrent qu’il ne pense pas grand bien de l’intelligence des « Zoomers ». Regarder quinze minutes d’un épisode quelconque suffit pour accumuler une heure de questions sur les motivations des personnages, la cohérence avec les autres séries, et le degré d’attention réel des scénaristes.
Le Star Trek classique imaginait un futur où les meilleurs des meilleurs se voyaient offrir une chance de devenir des ambassadeurs d’intelligence, de travail acharné et de bonne volonté envers toutes les espèces inconnues de l’univers. Pourtant, une série qui se déroule près de 900 ans après The Next Generation montre des cadets mâchant du chewing-gum, et une instructrice tantôt rigide, tantôt décontractée, qui parle de « maisons gonflables » et utilise l’expression « dumpster fire » (un « désastre total »), ce qui, pour être juste envers les scénaristes, pourrait être une référence méta.





