Anime

Les sites de streaming illégaux saignent l’industrie de l’anime à blanc – voici exactement combien ça leur coûte

L’industrie de l’anime et du manga considère depuis longtemps le piratage numérique comme sa principale menace existentielle, mais de nouvelles données ont enfin permis de quantifier l’ampleur colossale des dommages financiers. Une récente enquête du Ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) révèle précisément combien le piratage numérique coûte à l’industrie du contenu du pays.

L’anime reste l’une des exportations culturelles les plus importantes du Japon, avec un objectif ambitieux fixé par le gouvernement : porter les ventes à l’étranger de son contenu à 20 000 milliards de yens d’ici 2033. Pourtant, la persistance de sites comme HiAnime – régulièrement classé parmi les pires sites de piratage d’anime au monde – continue de saboter ces plans de croissance en détournant les spectateurs des plateformes officielles comme Crunchyroll et Netflix.

D’après des rapports japonais, cette migration massive vers les plateformes illégales empêche les revenus essentiels de revenir vers les studios et les créateurs, asséchant littéralement les finances de l’industrie.

Une nouvelle enquête gouvernementale révèle l’ampleur des pertes

anime Pikachu surpris dans Pokemon

D’après Nippon, l’industrie japonaise du contenu a subi des pertes estimées à 10 400 milliards de yens (environ 68 milliards de dollars) en 2025, à cause du piratage en ligne et des contrefaçons. Parmi ces pertes, l’industrie du contenu vidéo (qui inclut l’anime) a subi des dommages estimés à 2 300 milliards de yens (environ 15,1 milliards de dollars) en 2025, soit une augmentation de 150 % par rapport aux chiffres de 2022.

Mais c’est l’industrie de l’édition, incluant les mangas, qui a connu la hausse la plus spectaculaire : les pertes ont bondi à 2 600 milliards de yens (environ 17 milliards de dollars), soit une augmentation de 200 % par rapport à 2022. Par ailleurs, l’enquête a évalué pour la première fois les pertes liées aux produits dérivés contrefaits (figurines, maquettes, etc.), estimées à 4 700 milliards de yens (environ 30,8 milliards de dollars).

En revanche, les dommages subis par les industries du jeu vidéo et de la musique sont bien moindres, avec respectivement 500 milliards de yens (environ 3,2 milliards de dollars) et 300 milliards de yens (environ 1,9 milliard de dollars). Le gouvernement japonais a également noté que, si le piratage de mangas en ligne est particulièrement répandu au Vietnam, les opérateurs et entreprises chinois restent la principale source de contrefaçons physiques.

Netflix, Crunchyroll et autres intensifient la lutte contre le piratage

Netflix Disney Crunchyroll

Au cours de la dernière année seulement, Netflix, Crunchyroll et d’autres acteurs majeurs ont engagé des actions juridiques agressives contre de nombreux sites pirates, dont 9anime et AnimeSuge, obtenant avec succès des ordonnances judiciaires pour les faire fermer. Ces efforts se sont même étendus à des pays comme la Turquie, où le site populaire AnimeCix a été démantelé fin 2025. Même HiAnime a fait l’objet de multiples ordonnances de fermeture, la dernière en date émanant d’un tribunal australien en décembre 2025.

Cependant, l’industrie a compris que les notifications de retrait traditionnelles sont insuffisantes contre les sites pirates, qui réapparaissent souvent sous de nouveaux noms de domaine dès qu’ils sont bloqués. Conscients de la lassitude que provoque cette lutte sans fin, les ayants droit et les plateformes de streaming poussent désormais pour des mesures plus strictes et des actions systémiques.

Cela inclut le ciblage des sous-enregistreurs de domaines, la demande d’ordonnances de blocage dynamique, et la poursuite d’entreprises comme Cloudflare, qui soutiennent involontairement l’écosystème du piratage en offrant l’anonymat aux opérateurs illégaux. Récemmment, de grands éditeurs japonais ont remporté une victoire juridique historique contre Cloudflare, tenant le fournisseur de services responsable de son rôle dans la distribution de contenu protégé par le droit d’auteur.

Le Japon mise sur l’IA pour lutter contre le piratage

En plus des actions juridiques, le gouvernement japonais prévoit d’utiliser l’intelligence artificielle pour combattre le piratage et protéger ses actifs culturels. L’Agence pour les Affaires culturelles a alloué 300 millions de yens (environ 2 millions de dollars) pour développer un système basé sur l’IA, conçu pour identifier et supprimer automatiquement le contenu piraté sur Internet.

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