«Quelqu’un doit continuer à les faire»: le directeur du studio Solo Leveling met en garde contre le manque de diversité dans les nouveaux films d’anime

La popularité mondiale de l’anime ne cesse de croître, et les studios japonais sont constamment à la recherche de nouvelles propriétés intellectuelles capables de séduire un public international. Pourtant, selon Tomohiko Ito, réalisateur de plusieurs œuvres pour A-1 Pictures (notamment Solo Leveling), les créateurs saturent inutilement le marché avec des adaptations de manga, alors que d’autres supports regorgent d’un potentiel créatif tout aussi riche, voire supérieur.
Lors d’un entretien récent avec Mantan Web, Ito a évoqué son prochain film d’anime, « The Keeper of the Camphor Tree » (Le Gardien de l’Arbre à Camphre), dont la sortie au Japon est prévue pour le 30 janvier 2026. Contrairement à la majorité des productions animées, ce film est adapté d’un roman de Keigo Higashino, auteur à succès. Publié pour la première fois en mars 2020, le premier tome s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires en janvier 2026. Malgré la notoriété de Higashino, ce film marque la première adaptation anime de son œuvre.
« Un film qui ne plaira pas aux fans d’anime traditionnels »



Ito, connu pour des réalisations comme Sword Art Online, ERASED et le film de science-fiction Hello World (2019), possède une solide réputation dans l’industrie. Cependant, il constate que de nombreux anime populaires partagent des éléments similaires, ce qui limite la diversité du médium.
« Ces dernières années, l’anime est souvent associé à de l’action, des chansons et des voyages dans d’autres mondes, explique-t-il. Traditionnellement, les créateurs puisent leur inspiration dans les manga (et parfois les light novels) pour répondre à ces attentes. » Pourtant, « The Keeper of the Camphor Tree » se distingue par son approche « sobre » : « Il n’y a pas d’action tape-à-l’œil, ni de menace existentielle pour l’humanité… Mais c’est une œuvre universelle, solide et émouvante. »
L’histoire suit Naoi Reito, un employé de bureau ordinaire qui perd son travail après une arrestation due à un malentendu. Grâce à un accord négocié par son avocat, il est approché par la demi-sœur de sa mère défunte, qui lui demande de devenir le gardien d’un immense arbre à camphre aux pouvoirs mystérieux.
Un appel à la diversité dans l’anime
Ito se souvient d’une réunion avec Aniplex, où il avait décrit ce projet comme « exigeant » et peu susceptible de plaire aux fans d’anime traditionnels. « Je pense qu’il est bon d’avoir des œuvres comme celle-ci, déclare-t-il. En regardant l’industrie dans son ensemble, je trouve dommage que personne ne réalise au moins un film de ce type par an. »
Il critique la tendance actuelle à segmenter les productions pour cibler des publics spécifiques (shonen, shojo, seinen, etc.), une stratégie marketing qui, selon lui, limite la créativité. « On dit souvent qu’il est impossible de toucher un large public sans segmenter. Je comprends cette logique, mais je trouve que tout le monde segmente trop ses films aujourd’hui, ajoute-t-il. À l’avenir, il deviendra de plus en plus difficile de créer des œuvres comme Camphor Tree. Il faut que quelqu’un continue à en produire, sinon tout finira par être adapté de manga. »
Un changement progressif dans l’industrie
Si les adaptations de manga dominent toujours (le manga étant le médium japonais le plus exporté après l’anime lui-même), les studios commencent à explorer d’autres sources pour les séries TV anime. Les adaptations de manhwa (BD coréennes) et de light novels (romans courts illustrés) se multiplient depuis une décennie.
Bien que les romans japonais traditionnels représentent un risque financier plus élevé, Ito estime qu’ils offrent une base créative unique, permettant de mêler « réalisme et esthétique manga » pour créer des films vraiment originaux.





