La prise de contrôle de Warner Bros. par Paramount a officiellement été interrompue par un juge

Début 2026, Paramount a remporté la bataille dans son offre hostile de rachat de Warner Bros. Les actionnaires ont accepté l’offre de 110 milliards de dollars, mais le chemin vers la fusion est semé d’embûches.
Cette fusion imminente est sous l’examen de plusieurs institutions, dont l’Union européenne, le Royaume-Uni et l’Australie. La semaine dernière, il a été révélé que plusieurs procureurs généraux d’État ont déposé une plainte contre cette opération. Selon Deadline, la fusion Paramount-Warner Bros. a été officiellement suspendue : une juge fédérale a accordé une ordonnance de restriction temporaire qui bloque le rachat pour 14 jours.
La prise de contrôle de Warner Bros. par Paramount suspendue pour 14 jours

Cette ordonnance fait suite à la plainte déposée par le procureur général de Californie, Rob Bonta, et 11 autres États, qui estiment que la fusion viole les lois antitrust.
C’est la juge de district fédéral Araceli Martinez-Olguin qui a pris cette décision majeure. Elle a argumenté que les procureurs généraux « présentent des preuves convaincantes selon lesquelles l’entité issue de cette transaction détiendrait une part de marché substantielle dans le secteur de la distribution cinématographique grand public ».
Dans sa décision, la juge précise que, après la fusion, Paramount contrôlerait 27 % du marché de la distribution cinématographique grand public. Elle écrit : « Rien que sur la base de cette part de marché combinée, le tribunal est convaincu qu’il peut présumer que la fusion proposée risque de violer les lois antitrust. »
Une audience est prévue le 3 août, offrant aux procureurs le temps de préparer une demande d’injonction préliminaire, qui pourrait entraîner une suspension indéfinie le temps que la procédure judiciaire se poursuive. Le calendrier est serré :
- La requête des procureurs doit être déposée d’ici jeudi (24 juillet).
- Le mémoire en opposition de Paramount doit être soumis d’ici le 27 juillet.
- La réplique des procureurs est attendue d’ici le 30 juillet.
L’ordonnance de la juge empêche Paramount et Warner Bros. de finaliser la transaction ou « de prendre toute mesure, directe ou indirecte, pour intégrer ou fusionner leurs activités dans le cadre de cette opération ».
Rob Bonta a réagi à cette suspension temporaire de 14 jours dans un communiqué : « C’est une première victoire cruciale dans notre combat pour empêcher que cette mégafusion ne voie jamais le jour. »
Paramount a tenté d’éviter cette suspension temporaire

L’équipe juridique de Paramount a soutenu que certains chiffres de concentration du marché ne lient pas les tribunaux, mais la juge a souligné que la défense n’a pas présenté de « preuves contraires » pour contredire les données avancées par les États.
Paramount a également affirmé que les procureurs avaient des « incompréhensions fondamentales et des hypothèses erronées concernant l’économie de la distribution cinématographique aux États-Unis ».
La juge n’a pas été convaincue et a répondu : « Au mieux, les preuves des défendeurs concernant ces marchés robustes et dynamiques soulèvent des contestations sur les faits et la légalité des effets de la transaction sur le marché », estimant que les procureurs avaient démontré « des questions sérieuses sur le fond, qui penchent en faveur d’une mesure d’injonction préliminaire ».
Paramount espérait initialement finaliser le rachat de Warner Bros. au deuxième trimestre 2026, mais la situation se complique. L’enquête en cours au Royaume-Uni est suspendue pour la pause estivale, et l’Union européenne n’a pas encore rendu son avis.






